YAGA KOWALIK

Ce 21 juin, ce n’est pas L’aigle noir que nous a fait entendre Yaga, mais Gottingen. Dis, quand reviendras-tu ? Perlimpinpin et Seule – cette dernière chantée directement sur l’enregistrement de Barbara, en contrepoint à sa voix. Quatre titres magistralement interprétés, dans un brouhaha de foire d’exposition, par une artiste allant chercher au plus profond d’elle-même une concentration et un silence intérieur qu’elle réussit en un clin d’œil à nous communiquer.

«Comme froide, comme grise, comme rien, je suis seule…». Jamais la solitude n’avait parue si poignante que dans ce contexte, au travers de cette voix puissante, sensible, maîtrisée à vous donner la chair de poule, en dépit de tous les You kaidi aidi aida montant de 1’étage inférieur…

On le sait, les voix « venues d’ailleurs » conférent aux chansons de Barbara des couleurs étranges qui leur siéent, la plupart du temps, étonnamment bien. Yaga reviendra, et cette fois, vous les absents ne devrez pas manquer le rendez-vous. Mais ce sera, on s’en doute, dans une atmosphère autre que celle de cet ahurissant carnaval 2007.

Suggestion à notre éminent membre d’honneur Monsieur Jack Lang (créateur en 1982 de la première Fête de la musique, laquelle depuis a fait flores un peu partout dans le monde, au point que ce 21 juin, Monsieur Lang était à New York pour en lancer la première édition américaine) : cher Monsieur, le premier mai, on fête le travail sans travailler (sauf quelques-uns). Le 21 juin, ne pourrait-on fêter la musique en interdisant d tous d’en faire ou d’en écouter ? Tous, sauf quelques-uns. Nous, par exemple.